Qu’est-ce qu’une gouvernance participative ?

 

illustration collectif agissant

Dans un contexte de croissance du nombre d’entrepreneurs, la question est un axe important pour nos coopératives et plus précisément celle de sa mise en œuvre : comment faire vivre ce système de gouvernance au mieux ?

Bien que la loi ne soit pas encore très précise, il est néanmoins demandé d’intégrer explicitement dans les statuts la manière dont nous organisons une gouvernance participative ou démocratique :

Selon article 1 de la Loi ESS, il faut que « la gouvernance démocratique soit définie et organisée par les statuts, et prévoit l’information et la participation, dont l’expression n’est pas seulement liée à leur apport en capital ou au montant de leur contribution financière, des associés, des salariés et des parties prenantes aux réalisations de l’entreprise. »

Voici la définition de Borrini-Feyerabend en 1997 : « Un modèle d’organisation qui évolue en fonction de la diversité des acteurs qui la composent. Elle mise sur la complémentarité des parties prenantes et vise l’équilibre entre leurs multiples intérêts particuliers, dans le but d’atteindre la solution optimale relevant du bien commun. »

Régate et Régabât sont des coopératives d’activités et d’emploi (CAE) dont les salariés et entrepreneurs sont sociétaires. Elles s’appuient sur un système de gouvernance démocratique composé de salariés-sociétaires, d’un comité de direction et d’un conseil de surveillance.

Aujourd’hui, elles souhaitent étendre ce modèle coopératif à l’ensemble des parties prenantes en y associant le plus grand nombre de collaborateurs.

Salariés et Sociétaires : élargir l’actionnariat à l’ensemble des salariés des CAE du Tarn est le projet 2018 – 2020 du regroupement. Selon le principe « une personne, une voix », les salariés ont un pouvoir décisionnaire et participent aux assemblées générales annuelles, où sont votées les orientations stratégiques. Les salariés sont associés au capital de leur coopérative.

 

Accompagner la coopération

Dans nos coopératives d’entrepreneurs, la gouvernance participative est un processus progressif durant lequel les associés deviennent activement impliqués.

« Un accompagnement long, systématique, commençant bien en amont du dépôt des statuts et se poursuivant bien après celui-ci. Non pas pour « faire à la place de », ni pour « conseiller », mais pour sécuriser et accompagner un apprentissage par les actrices et les acteurs des rouages essentiels d’une démocratie d’entreprise.

Cette démarche, très largement inspirée de l’éducation populaire, existe déjà au sein du mouvement coopératif de production : c’est celle mise en œuvre par les CAE.
Les coopératives d’activités et d’emploi sont en effet, depuis presque vingt ans, l’une des innovations sociales les plus passionnantes. Elles constituent de formidables creusets accueillant librement toute personne portant un projet individuel pour l’amener, étape après étape, au sociétariat d’une Scop commune.

 

Autrement dit, il s’agit là de véritables « écoles de la coopération », mettant en œuvre une puissante méthodologie d’intégration et d’association des individus. »(source)

 

Démocratie participative & Gouvernance : les moyens pour y arriver

Voici les premiers éléments de réflexion autour de questions et d’axes de travail : 

 

  • Quelle gouvernance pour nos coopératives ?
  • Comment développer une gouvernance participative sans parler d’animation de la vie coopérative, de pouvoir partagé, de démocratie ?
  • Quelles sont les spécificités des CAE sur leur organisation démocratique ?
  • Comment la discontinuité de l’activité se répercute-t-elle sur l’investissement des coopérateurs et des coopératrices dans la vie démocratique ?
  • L’importance de nombre d’entrées et de sorties ne freine-t-elle pas le dynamisme du sociétariat ?
  • Comment se situent les CAE dans leur diversité sur cette transformation ?
  • En quoi le statut de la CAE joue-t-il ? SA – SARL – SAS en SCIC ou en SCOP ?
  • Quelles sont les implications en matière de Qualité de Vie au Travail (QVT) : pour les acteurs et actrices de la gouvernance et plus globalement en matière de QVT dans les CAE ?

Le 24 mars 2018 a eu lieu un séminaire d’associés pour se rencontrer, se connaître mieux, débattre et s’écouter, alimenter cette réflexion commune sur la gouvernance participative au sein de nos CAE : mieux vivre sa place d’associé, contribuer, améliorer et inventer des « recettes idéales pour une gouvernance participative » tel était le défi !

Découvrez ici les premières pistes, envies et réflexions « tirées des débats » : 

 

Participer :

« Les personnes présentes sont les bonnes personnes au bon moment ».

 « Plus on est nombreux, plus cela devient difficile car il y a des différences dans la facilité à prendre sa place au sein d’un groupe. »

Cela devient compliqué de transmettre les infos sans tomber dans l’excès d’infos, sans devenir « infobèse. »

 

Se rencontrer :

« Aller à la rencontre de l’autre comme s’il m’était inconnu »

« Donner envie de venir, notamment par de la convivialité »

 

Aller plus loin :

« Regarder ce qui se fait ailleurs et prendre exemple sur des dispositifs participatifs mis en place »

« On peut y arriver, avec des outils adéquats et différents de ceux que nous avons aujourd’hui ».

« Créer des parrainages entre les anciens et les nouveaux »

« Mettre en avant l’importance de la participation pour s’améliorer »

 

La réflexion commence !

 

Merci aux contributeurs de la journée de séminaire : animation/participation : les membres du conseil de surveillance : Claude, Coralie, Philippe, Myriam, Romain, Adrien; les journalistes : Vincent, Sylvain,  Christian, Alain  et les photographes : Mouni, Hervé et Elise. Merci à tous les participant(e)s !